Emploi-Travail-Formation

Ce qui a changé au 1er janvier

Outre les habituelles augmentations de tarifs du gaz, du timbre poste, des assurances ou des frais bancaires, de nombreuses mesures sont entrées en vigueur au 1er janvier 2017. Certaines vont redonner du pouvoir d’achat aux français, d’autres visent à faciliter leur quotidien. Les plus emblématiques comme le divorce par consentement mutuel sans passer devant un juge, la mise en place du paquet de cigarette neutre ou l’interdiction des vitres teintées des véhicules ont été largement relayées dans la presse. Mais il me semble utile de revenir sur d’autres mesures qui me paraissent tout aussi importantes.

FISCALITÉ

Baisse de l’impôt sur le revenu

Le gouvernement fait un geste supplémentaire en direction des classes moyennes. 5 millions de ménages vont ainsi bénéficier d’une baisse de 20% de leurs mensualités ou de leurs  acomptes. Sont concernés les célibataires dont le revenu fiscal est compris entre 18 500 et 20 500 € et les couples dont les revenus sont compris entre 37 000 et 41 000 €.

Baisse de la CSG pour les petites retraites

Inscrite dans le projet de loi de finance 2017, cette mesure concerne près de 550 000 retraités. Concrètement, une personne seule touchant une retraite inférieure à 1013 € net/mois sera exonérée de CSG. Entre 1013 et 1286 € elle sera soumise au taux réduit de 3,8% puis au taux normal de 6,6% au dessus de 1286 €/mois.

Baisse de l’impôt sur les sociétés

Il est porté dès cette année à 28% (au lieu de 33,33%) pour les PME sur leur 75 000 premiers euros de bénéfices puis sera progressivement généralisé à l’ensemble des bénéfices des PME en 2019 puis à toutes les entreprises en 2020. Cette mesure permettra aux PME d’investir ou d’embaucher.

Le Crédit d’impôt pour l’emploi à domicile et les services à la personne est généralisé

Ce qui n’était qu’une déduction d’impôt devient un crédit d’impôt pour tous, actifs et retraités, imposables ou non, pour l’emploi de salarié à domicile. Près de 1,3 millions de ménages modestes sont concernés. Ils percevront en 2018 un remboursement du Trésor public à hauteur de 50% des dépenses supportées en 2017. Outre le soutien au pouvoir d’achat de ces ménages et la possibilité pour eux de bénéficier de nouveaux services, la mesure devrait permettre la création d’environ 100 000 postes, soit 30 000 emplois à temps plein (compte tenu du recours au temps partiel dans ce secteur).

Le crédit d’impôt pour les associations entre en vigueur

Ce crédit d’impôt de taxe sur les salaires, sur le modèle du CICE, permettra aux associations de bénéficier d’un abattement de 4% de la masse salariale pour tous les salaires inférieurs à 2,5 Smic. Ce soutien exceptionnel représente 600 millions d’euros de baisse de charges pour l’ensemble des associations, fondations et structures de l’économie sociale et solidaire. Il permettra surtout de dynamiser l’ensemble du secteur associatif qui représente un vivier très important d’emplois potentiels.

(suite…)

L’édito de la lettre d’information n°61

Paru dans Le Monde du 17 novembre, l’article « Pour un nouvel humanisme managérial » fait écho à nombre de mes interrogations. Dans cette tribune, Yves Desjacques, Philippe Rodet, Rémi Lanavère et Pascal-André Dumont* font une analyse très intéressante de ce que pourrait être l’entreprise de demain. Ils considèrent que « Au lieu de faire l’économie de l’humain, la réponse adaptée à la crise que nous traversons encore est de réintroduire l’humain au cœur de l’économie ». Selon eux, « Le temps est venu de remettre au centre le seul réel qui compte dans une entreprise, le réel des hommes, de leurs ressources et de leurs capacités de rebond ».

La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) a pu être présentée comme une réponse à la crise économique dont l’origine était bien un déficit de responsabilité, notamment des banques envers leurs emprunteurs et des grandes entreprises envers leurs sous-traitants. Les auteurs proposent d’aller au-delà, vers une véritable responsabilité humaine de l’entreprise et de définir un nouveau modèle de management qui « lui seul peut conjuguer bien-être individuel, respect de l’autre, sens de l’action et performance collective ».

Dans une économie mondialisée, un monde de plus en plus libéral, la gauche doit remettre la question sociale, l’humain, au centre du débat. La gauche doit reparler santé, travail, éducation, lutte contre la pauvreté et les inégalités. Elle doit se recentrer sur les valeurs qui ont fait sa force et inventer une société nouvelle toujours plus humaine où le rapport au travail ne serait plus le même.

Comme le dit si bien Albert Jacquard, biologiste et écrivain « Le véritable remède contre le chômage est qu’il n’y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société ».

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* Yves Desjacques est le DRH du groupe Casino ; le docteur Philippe Rodet, ancien médecin urgentiste, est  consultant en management ; le père Rémi Lanavère est directeur adjoint de l’École supérieure de philosophie et de théologie de la Communauté Saint-Martin et le père Pascal-André Dumont est prêtre et économe général de la Communauté Saint-Martin.

 

Un crédit d’impôt pour les associations

cvich6nwaaeansn-jpg_largeVendredi 7 octobre, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé, lors d’une réunion à Matignon avec les représentants du monde associatif, la création d’un « crédit d’impôt de taxe sur les salaires » pour les associations au 1er janvier 2017. Il fera l’objet d’un amendement au projet de loi de finances 2017 porté par la majorité parlementaire que je soutiendrai et que je voterai. Après l’abattement de la taxe sur les salaires décidé en 2014, ce nouveau crédit d’impôt permettra aux associations qui paient encore la taxe sur les salaires, de bénéficier d’un abattement de 4% de la masse salariale, pour tous les salaires inférieurs à 2,5 Smic. Ce soutien exceptionnel représente 600 millions de baisse de charges pour l’ensemble des associations, fondations et structures de l’économie sociale et solidaire.

C’est une bonne nouvelle pour toutes les associations de notre pays qui emploient aujourd’hui près de 1,8 millions de salariés, soit près de 5% de l’emploi salarié et 10% des emplois du secteur privé. Elles attendaient depuis trois ans la création d’un tel dispositif fiscal pour compenser leur déficit de compétitivité par rapport aux entreprises commerciales qui, payant l’impôt sur les sociétés, bénéficient du CICE depuis 2013. Cela permettra de dynamiser l’ensemble de ce secteur qui représente un vivier très important d’emplois potentiels. Et comme pour le CICE, les associations pourront solliciter un préfinancement auprès de la Banque Publique d’Investissement dès 2017.

Nous avons la chance d’avoir un tissu associatif riche et très actif de 1,3 millions d’associations et de 16 millions de bénévoles. Ils œuvrent chaque jour au service des autres dans les domaines du sport, de la culture, des loisirs, des services à la personne, de l’insertion, etc., et partagent les même valeurs d’engagement, de don de soi et de fraternité. Il me semble donc normal que l’État, et à travers lui toute la communauté nationale, soutienne le monde associatif et lui permette, par le biais de ce nouveau crédit d’impôt, de recruter dans la durée.

Béarn Solidarité, une association au service de l’insertion

logo-bearn-solidariteL’association Béarn Solidarité, installée route de Morlaàs à Pau, a été créée en 1980 pour lutter contre la précarité et l’exclusion sur le territoire de l’agglomération paloise. Sa mission principale : l’insertion par l’activité économique (IAE). Ainsi, en offrant un contrat de travail à des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles, elle facilite leur insertion. L’objectif est de leur redonner confiance, de réactiver leurs savoir-faire, d’accroître leur formation et leurs compétences pour les préparer à sortir de la structure et trouver un emploi.  Le travail est ici un outil de redynamisation et de socialisation. Ces personnes bénéficient d’un accompagnement personnalisé qui comprend une phase d’intégration, une phase de définition du projet professionnel puis d’une phase d’évaluation et de bilan.

Reconnue pour la qualité de son accompagnement social et de ses prestations,  l’association a fusionné en 2012 avec Croix-Rouge Insertion, un réseau d’établissements créé par la Croix rouge française pour faire du développement de l’emploi dans les territoires, un axe majeur de lutte contre la précarité.

Elle emploie à ce jour 92 salariés en insertion dans deux principaux secteurs d’activité : l’environnement (entretien d’espaces verts, de cours d’eau, d’espaces naturels et de sous-bois) et la collecte et le recyclage de déchets (objets, meubles, mobilier de bureau, électroménager, ordinateurs, etc.). Elle propose également un service d’aide au déménagement et dispose d’un espace de vente où vous pouvez retrouver divers objets et équipements remis en état. Dans un souci de développement et de diversification de ses activités, l’association a récemment créé un atelier « gobelets en plastique lavables » et un atelier « collecte et nettoyage de couches lavables » et envisage de se lancer dans la réhabilitation et la revente automobile à destination des bénéficiaires des minimas sociaux. Elle recherche d’ailleurs des partenaires susceptibles d’approvisionner le garage en véhicules.

Et cela fonctionne. En 2015, 66 personnes ont quitté l’association pour un emploi ou une formation qualifiante grâce au dynamisme et l’implication de sa directrice Cyrielle Couralet et de toute son équipe.

Pour en savoir plus cliquez sur les liens suivants : Béarn Solidarité / Croix-Rouge Insertion

L’insertion par l’activité économique dans la circonscription, c’est aussi l’association F.O.R.C.E d’Assat, Pépinière Environnement à Serres-Castet, Vivre et Agir en Milieu Rural à Pontiacq-Viellepinte, mais aussi Le Relais 64, Le Relais Essuyage de Gascogne et PYRENEC’EAU à Pau.

Toutes ces structures de l’économie sociale et solidaire participent à la lutte contre le chômage et la précarité mais elles sont également, par les activités qu’elles proposent, des acteurs incontournables du développement économique de notre territoire.

L’insertion professionnelle des jeunes en Béarn

logo-iebaMercredi 6 juillet, l’association Insertion Emploi Béarn Adour (IEBA) présentait son bilan d’activité 2015 en présence de nombreux élus dont Michel Minvielle, conseiller régional, représentant la Région Nouvelle-Aquitaine.

L’IEBA regroupe au sein d’une même structure, une Mission locale, un Plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE), l’Espace des Métiers d’Aquitaine, un lieu d’information et d’orientation sur les métiers et les formations, et un Service logement. L’association intervient sur 7 communautés de communes du Nord Béarn. Elle est née de la volonté d’élus de créer une structure autour de l’emploi dans ce territoire rural de 1203 km2 où on ne trouve pas les services de Pôle emploi. Comme le précise Fabienne Battault, conseillère en insertion professionnelle à l’IEBA, « En dehors des Maisons de solidarité départementale de Morlaàs et de Nay, nous sommes, sur tout ce territoire, le seul service public de l’insertion. Nous travaillons dans 148 communes en concertation avec les travailleurs sociaux, différents partenaires et aussi avec les élus qui, sur le terrain, connaissent les personnes en difficultés. Notre siège est à Morlaàs mais nous tenons des permanences décentralisées à Arzacq, Mazerolles, Garlin, Soumoulou, Pontacq, Montaner, Serres-Castet, Thèze et Lembeye. Nous sommes aujourd’hui bien identifiés pour notre accompagnement vers l’emploi, la formation ou l’orientation ».

La Mission locale accueille les jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire. Quant au PLIE, il accompagne les adultes de plus de 25 ans au chômage depuis plus d’un an, les bénéficiaires du RSA et plus largement toute personne qui rencontre des difficultés d’accès à l’emploi. En fonction de l’âge, les personnes intègrent l’un ou l’autre de ces dispositifs. Offrir ces deux parcours d’insertion au sein d’une même structure permet de suivre un jeune plusieurs années, tant qu’il n’a pas réussi à monter son projet professionnel, dans une véritable continuité de service. « On ne lâche pas les jeunes dans la nature. Nous sommes une structure ressource dans leur devenir d’adulte », insiste Fabienne Battault.

La définition de ce projet professionnel est primordiale. Qu’il se traduise par une formation, un contrat d’apprentissage, un contrat de professionnalisation ou autre, il doit s’inscrire dans un véritable projet de vie. L’orientation est un gage de réussite. La mission des conseillères en insertion professionnelle de l’IEBA est donc d’amener les jeunes ou les demandeurs d’emploi à définir eux-mêmes leur projet. Une tâche pas toujours facile mais enrichissante nécessitant une approche centrée sur la personne et des qualités d’écoute, de compréhension mais aussi, selon le psychologue américain Carl Rogers, de considération positive inconditionnelle.

Quelquefois, avant même de proposer une formation ou un emploi, il faut d’abord lever certains freins liés à des problèmes de logement, de mobilité ou parfois de grande pauvreté. C’est pourquoi l’association propose également un accompagnement social aux personnes confrontées à ces questions. Il peut prendre la forme d’aides financières, de solutions pour se déplacer comme le covoiturage ou d’une aide à la recherche de logement.

Et cela marche bien. En 2015, les services d’Insertion Emploi Béarn Adour ont accueilli 1275 personnes dont 80% de moins de 26 ans. La Mission locale a accompagné 580 jeunes, le PLIE 134 personnes et l’Espace des Métiers d’Aquitaine a reçu 321 personnes. Le Service logement a, de son côté, accompagné 240 personnes. Si ces chiffres démontrent que beaucoup de jeunes ou d’adultes ont encore des difficultés sur notre territoire, le bilan d’activité de l’IEBA est encourageant. Ainsi, 180 personnes ont suivi une formation ou un stage en entreprise, 280 personnes ont signé un contrat de travail et 145 ont trouvé un logement. La Mission locale a, quant à elle, signé plus de 165 contrats d’avenirs depuis leur création en 2013, un outil qui fonctionne très bien. Non seulement il permet l’accès à un premier emploi pour de nombreux jeunes mais il s’accompagne également d’une formation qualifiante obligatoire.

Financée par des fonds publics (Fonds social européen, État, Région, Département, Communes et Communautés de communes), l’association a une situation financière saine qui lui permet de se développer et de pérenniser son action. Grâce à l’implication, au sérieux et au dynamisme de la présidente Geneviève Bergé et de toutes les conseillères, l’IEBA est plus que jamais un outil indispensable pour l’insertion professionnelle des jeunes de notre territoire dans un marché de l’emploi qui reste très tendu.

Pour toute information : IEBA – Place de la tour – 64160 MORLAAS – Tél. : 05 59 33 63 67 / Fax. : 05 59 33 46 15 / Courriel : ieba@orange.fr

Autre bonne nouvelle sur le front de l’emploi. Le dispositif de prime à l’embauche pour les PME a permis de créer depuis sa mise en place en janvier 2016, 7 138 emplois en CDD ou CDI dans les Pyrénées-Atlantiques. Il permet aux entreprises de moins de 250 salariés qui embauchent un salarié en CDI ou en CDD de plus de 6 mois, de bénéficier d’une prime trimestrielle de 500 € durant les 2 premières années du contrat, soit 4 000 € au total.

Crédit d’impôt pour lutter contre le travail illégal dans l’emploi à domicile

fraude-fiscaleVendredi 9 septembre, à l’occasion de la signature de la convention nationale de lutte contre le travail dissimulé dans l’emploi à domicile, Myriam El Khomri et Christian Eckert ont précisé la mesure fiscale qui permettra de faire bénéficier tous les ménages du crédit d’impôt de 50 % des dépenses au titre des services à la personne. Cette généralisation permettra aux personnes qui sont seulement éligibles à une réduction d’impôt aujourd’hui, en particulier aux retraités, de bénéficier de l’avantage fiscal, même lorsqu’ils ne sont pas imposables, sous forme de remboursement. Elle devrait permettre une création nette de 30 000 emplois, en équivalent temps plein, dans le secteur de l’emploi à domicile.

Depuis la réforme de la fiscalité des emplois à domicile de 2010, le nombre de recrutements non déclarés avait beaucoup augmenté. Et depuis 2012, les relevés statistiques le montrent, les mesures prises n’ont pas permis d’inverser suffisamment la tendance.

Ainsi, cette nouvelle mesure s’ajoute à l’ensemble des exonérations de cotisations fiscales et sociales mises en place depuis le début du quinquennat en faveur du secteur, dont la réduction forfaitaire de cotisation patronale de 2 euros par heure travaillée déclarée entrée en vigueur en décembre 2015. L’ensemble de ces dispositions favorise déjà la création d’emplois, comme en atteste la reprise de l’emploi dans le secteur depuis le début de l’année 2016 avec une hausse +1,1% de masse salariale déclarée au 1er trimestre 2016, et doivent également inciter les employeurs à déclarer leurs salariés.

Grâce aux exonérations sociales et fiscales mises en place par le Gouvernement, il est moins cher de déclarer un salarié que de ne pas le déclarer. Ainsi l’employeur qui verse un salaire net de 10 euros ne supporterait, après application des exonérations sociales et fiscales, qu’un coût réel à peine supérieur à 8 euros.

Cette réalité est un atout pour éviter le travail dissimulé.

Aux côtés de Manu Lecot et Marie-Béatrice Levaux, respectivement Président et Vice-Présidente du Conseil National Paritaire du Dialogue social (CNPDS) et de l’ensemble des organisations syndicales de salariés du secteur, Myriam El Khomri et Christian Eckert ont rappelé l’importance de la lutte contre le travail illégal qui nuit à la protection sociale des salariés, fragilise les finances publiques et met en risque les employeurs. La convention signée le 9 septembre doit permettre de mieux informer et sensibiliser les employeurs de salariés à domicile sur l’importance de ne pas recourir au travail dissimulé.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’action du gouvernement pour lutter contre toutes les formes de travail illégal et de fraudes au détachement. Il est vrai que depuis le début du quinquennat, l’arsenal législatif destiné à lutter contre le travail illégal a été renforcé. Sur le terrain,  le nombre de contrôles a massivement augmenté : au mois de juin 2016, plus de 2 000 contrôles ont été réalisés par l’inspection du travail, soit 4 fois plus que l’an dernier à la même période.

Mais il était essentiel d’accompagner ces mesures d’un changement fiscal important, ce sera chose faite dans le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

Appel à candidatures pour expérimenter les Territoires zéro chômage de longue durée

Logo-TZC-H-987x450La loi d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée a été adoptée en début d’année à l’unanimité des députés et sénateurs. Elle permet à des entreprises engagées dans l’économie sociale et solidaire de recruter des chômeurs de longue durée en CDI, à temps plein ou à temps partiels, payés au Smic pour exercer des activités économiques pérennes et non concurrentes de celles déjà présentes sur le territoire. Dans le même temps, ces derniers pourront rester inscrit(e)s à Pôle Emploi et, tout en ayant renoué avec une activité salariée, continuer à chercher un autre emploi. Cette expérimentation fait donc le pari que le financement d’un CDI au Smic reviendra moins cher à la collectivité que de payer l’inactivité d’un chômeur. C’est une conception profondément originale qui considère l’emploi comme un produit de première nécessité sociale.

Le décret d’application de la loi, a été publié au journal officiel du 28 juillet 2016. Il marque le début de l’expérimentation qui sera conduite pour une durée de cinq ans dans dix territoires choisis sur la base du volontariat. C’est pourquoi, un appel à candidatures est lancé aux collectivités territoriales, EPCI ou groupes de collectivités territoriales souhaitant participer à ce projet. Pour candidater, cliquez sur le lien suivant : http://etcld.fr/#APC, la date limite de réception des dossiers étant fixée au 28 octobre 2016.

Les territoires candidats devront comporter approximativement de 5 000 à 10 000 habitants. Ceux qui comporteraient un nombre nettement plus élevé d’habitants, notamment les  quartiers de la politique de la ville, pourront choisir de ne développer l’expérimentation que sur  une partie seulement du territoire concerné.

Le financement de cette expérimentation sera assuré par un Fonds national géré par une association* qui a pour missions :

  • de proposer la liste des territoires retenus pour mener l’expérimentation, d’approuver les modalités de fonctionnement du comité local créé sur chaque territoire retenu et de suivre la mise en œuvre de son programme d’actions ;
  • de financer une fraction de la rémunération des personnes embauchées dans les entreprises conventionnées et une fraction du montant de l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement lorsque celui-ci intervient dans les conditions prévues à l’article 6 de la loi susmentionnée ;
  • de signer les conventions avec l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics de coopérations intercommunales, les groupes de collectivités territoriales, les organismes publics ou privés et les entreprises assurant la mise en oeuvre de l’expérimentation sur ces territoires ;
  • de dresser le bilan de cette expérimentation qui pourra, par la suite, être étendue à tous les territoires.

Pour toute question ou demande de renseignement : contact@etcld.fr

Pour en savoir plus sur ce projet initié par ATD Quart Monde : www.zerochomeurdelongueduree.org/

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* L’association gestionnaire du Fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée est composée de représentants des organisations syndicales de salariés et des organisations professionnelles d’employeurs, du Conseil national de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), du Conseil national de l’insertion par l’activité économique (CNIAE), de Pôle Emploi, de l’Assemblée et du Sénat, du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire, des différentes associations de collectivités territoriales (ARF – ADF – ADCF – AMF),  des Missions locales, d’Alliance villes emploi, de personnalités qualifiées de la société civile et d’un Commissaire du gouvernement.

L’édito de la lettre d’information n°55

Mardi 5 juillet, la loi travail revenait en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Mais, avant même que le débat ne commence, le premier ministre a engagé la responsabilité de son gouvernement et bloqué toute discussion sur le texte.

Le texte de loi a évolué depuis sa première version, beaucoup évolué. Il comporte des dispositions intéressantes comme le compte d’activité. Les syndicats, s’appuyant sur le mouvement social, ont obtenu quelques avancées. Mais il reste trop de points défavorables aux salariés. Je pense bien sûr à l’inversion de la hiérarchie des normes, mais aussi la facilitation des licenciements économiques, les accords dits offensifs de développement de l’emploi.

Grâce au mouvement social toujours présent, parce que le dialogue n’a jamais été totalement rompu, j’ai pensé jusqu’au dernier moment que nous pourrions parvenir à un accord. C’était l’objet de l’amendement de mes collègues Olivier Faure et Kader Arif que j’ai cosigné. Cet amendement permettait de respecter la règlementation actuelle en matière d’heures supplémentaires : 25% pour les 8 premières, 50% au-delà. Nous étions 123 députés à souhaiter que cet amendement soit accepté.

Mais mardi matin, c’est une réunion de groupe socialiste d’une rare violence qui a mis fin à cet espoir de compromis. Alors que tant Christian Paul que Jean-Marc Germain se sont exprimés pour affirmer que l’adoption de cet amendement permettrait de voter la loi sans recours au 49.3, alors que les premiers signataires, hollandais historiques, expliquaient leur démarche, motivée par le sens du compromis, le premier Ministre a refusé tout dialogue, tout vote dans le groupe, opposant un refus définitif et entérinant de manière lapidaire le recours au 49.3.

J’avais refusé de signer la première motion de censure, persuadée que le dialogue, qui continuait alors que le texte partait au Sénat, nous permettrait de sortir par le haut de ce blocage. Sage décision m’ont dit des camarades.

Mais là, nous aurions pu nous passer du 49.3 si le premier Ministre avait accepté notre amendement. De facto, le projet de loi prévoit donc que des salariés pourront travailler plus pour gagner moins. Notre rôle, notre combat, n’est-il pas de tout faire pour augmenter le pouvoir d’achat des français ?

Alors, je refuse de cautionner que demain, les salariés pourront travailler plus pour gagner moins. Je n’accepte pas que le gouvernement balaie ce compromis sans discussion. Je revendique d’être écoutée, respectée à défaut d’être majoritaire.

Pour l’ensemble de ces raisons, j’ai signé la motion de censure, avec 55 de mes collègues. Elle n’a pas pu être votée, mais nous nous devions de porter une autre voix pour défendre les droits des salariés en France.

La loi a donc été adoptée en deuxième lecture, sans débat, sans vote, contre l’avis de nombreux parlementaires, contre la plupart des syndicats, contre la majorité des français. C’est une grande déception, un recul significatif des droits des salariés au nom d’un changement de société…

Prime d’activité : un premier bilan très positif

Prime-activiteDepuis le début de l’année, plus de 2,3 millions de foyers, représentant près de 3,8 millions de personnes, bénéficient de la prime d’activité, deux fois plus que les prévisions du gouvernement.

Véritable succès, ce nouveau dispositif permet aujourd’hui à d’avantage d’actifs de percevoir un complément de revenus mensuel. Plus de la moitié d’entre eux en effet ne touchaient pas le RSA activité. La prime constitue aussi un droit nouveau pour les jeunes, près d’un bénéficiaire sur cinq, soit près de 400 000 personnes, ayant moins de 25 ans.

Elle représente en moyenne, un montant de 164 euros par mois.

La procédure de demande dématérialisée sur les sites internet de la CAF et de la MSA contribue à ce succès. Un simulateur permet notamment de savoir si vous êtes bénéficiaire de cette prime et d’en calculer le montant. 12 millions de simulations ont ainsi été réalisées depuis son ouverture en décembre 2015.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, 22 664 foyers bénéficient de la Prime d’activité.

Plus d’infos sur www.caf.fr et sur www.msa.fr

Prime à l’Embauche pour les PME : des débuts prometteurs

Depuis le 18 janvier et jusqu’à la fin de l’année, les entreprises de moins de 250 salariés qui embauchent un salarié payé jusqu’à 1,3 fois le Smic bénéficient d’une prime trimestrielle de 500 € durant les 2 premières années du contrat, soit 4 000 € au total.

Ce dispositif « Embauche PME » lancé dans le cadre du plan de lutte contre le chômage est destiné à favoriser les embauches dans les petites et moyennes entreprises. Cette prime est cumulable avec l’ensemble des autres dispositifs existants (réduction générale sur les bas salaires, pacte de responsabilité et de solidarité et CICE) et permet dans certains cas un remboursement des cotisations patronales à 100%.

A raison de 5000 embauches par jour en moyenne, ce sont pas moins de 120 000 emplois qui ont été créés en l’espace de deux mois. Dans un contexte aujourd’hui morose, ce résultat est très encourageant, d’autant qu’il s’agit à 75% de CDI. Selon les estimations du gouvernement, ce rythme devrait permettre d’atteindre un million d’embauche à la fin de l’année.

Pour toute question sur cette prime et connaître les modalités pratiques pour l’obtenir, vous pouvez aller sur le site du ministère du travail ou contacter le numéro suivant : 09 70 81 82 10 (service gratuit + prix appel). Vous pouvez également télécharger le dépliant « Embauche PME »

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